Au moment de passer au BIM, quels freins ou résistances sont soulevés ?
« Le frein principal est la perception d’une complexité supplémentaire. Certaines équipes estiment que le BIM impose des méthodes lourdes ou des outils entièrement nouveaux, alors qu’il s’agit le plus souvent d’adapter progressivement des pratiques déjà en place. Des résistances liées au partage d’information peuvent aussi apparaître : adopter une donnée commune, accessible à plusieurs intervenants, demande un temps d’appropriation et un ajustement des habitudes de travail. Ce n’est pas une remise en cause des compétences des équipes, mais une évolution dans leur manière de collaborer.
L’évolution vers le BIM s’est également déroulée en parallèle de l’accélération de la transition numérique des entreprises. Cela a également permis de lever des freins. »
Lorsque des exigences BIM formelles apparaissent dans un marché ou un appel d’offres, comment leur pertinence et leur réalisme sont-ils évalués pour un projet ?
« Le premier point d’analyse est l’alignement des exigences avec les objectifs opérationnels du projet. Une exigence BIM est pertinente si elle apporte une valeur mesurable, notamment pour la coordination entre intervenants ou l’exploitation future de l’ouvrage. Lorsqu’une exigence n’est pas adossée à un usage identifié, elle risque d’alourdir le projet sans bénéfice réel pour les équipes. L’évaluation porte aussi sur la maturité des équipes et des outils disponibles, car tout l’enjeu est de trouver un équilibre entre le niveau d’ambition demandé et les conditions réelles de mise en œuvre, pour que le BIM reste un levier d’efficacité.
Divers métiers autour du BIM se sont développés ces dernières années. En s’entourant des bonnes expertises au démarrage d’un nouveau projet, il est désormais facile de monter une gouvernance BIM qui saura prendre les décisions adéquates dès le lancement. »
Comment les outils de conception accompagnent-ils la mise en place des workflows BIM, simples ou avancés ?
« Les outils jouent un rôle structurant dès la phase de conception. Ils permettent de produire des informations cohérentes, réutilisables et interopérables, ce qui constitue le socle de tout process BIM. L’enjeu n’est pas d’imposer une organisation complexe mais de proposer des fonctionnalités adaptées à différents niveaux de maturité. Une équipe qui débute peut s’appuyer sur des usages accessibles, puis faire évoluer ses pratiques progressivement, au rythme de sa montée en compétence.
La réussite d’un projet BIM passe également par la qualité de l’interopérabilité entre les outils de conception. Les éditeurs des solutions logicielles ont davantage pris la mesure de cet enjeu et ont fait évolué leurs capacités pour accélérer ce besoin d’interopérabilité. »
Quelles compétences nouvelles le BIM demande-t-il aux équipes ?
« Le BIM renforce avant tout la nécessité de travailler de manière collaborative. Les équipes sont amenées à s’orienter davantage vers le partage de la donnée et l’anticipation des usages futurs. Des compétences émergent également autour de la structuration de l’information et de la compréhension du cycle de vie des infrastructures. Mais ce sont moins des évolutions techniques que des évolutions dans la culture de travail.
L’explosion récente des Intelligences Artificielles se présente comme une opportunité pour renforcer les compétences requises. Alors que les tâches simples et répétitives vont pouvoir être automatisées, l’IA sera un levier d’apprentissage utile pour aider les acteurs à proposer des structurations avancées et impactantes sur le cycle de vie des ouvrages.«