Comment le géomètre s’appuie-t-il sur la photogrammétrie dans ce contexte ? Sa place évolue-t-elle ?
« La photogrammétrie ne remplace pas le géomètre, c’est un outil au service de son expertise. Ce que la méthode change, c’est la répartition du travail : le chef de chantier peut réaliser lui-même l’acquisition d’images sans attendre la venue du géomètre.
Ce dernier définit le protocole d’acquisition, positionne les points d’appui avec la précision requise pour la classe A, contrôle la cohérence du modèle 3D après traitement et certifie les livrables. C’est lui également qui garantit que les conditions nécessaires ont bien été réunies pour atteindre la classe de précision attendue. »
Comment les données produites par photogrammétrie s’intègrent-elles dans les systèmes des exploitants et des collectivités ?
« L’interopérabilité est un prérequis : des données produites en classe A mais non intégrables dans les systèmes existants n’ont pas de valeur opérationnelle. Avant même de choisir une méthode de levé, la question des formats et du système de référence doit être posée.
Les formats attendus varient selon l’usage : DXF ou DWG pour le DAO, GeoJSON ou Shapefile (SHP) pour les SIG, LAS ou LAZ pour les nuages de points bruts, le modèle RecoStar d’Enedis. Le système de référence légal en France est le RGF93 et Lambert 93 : toute donnée exprimée dans un autre référentiel n’est pas conforme aux prescriptions des exploitants de réseaux.
Un outil de traitement photogrammétrique qui exporte directement dans ces formats, dans le bon système de référence, supprime une étape de reprojection ou de conversion souvent source d’erreurs. C’est un critère de choix concret au moment de structurer son process de récolement. Des solutions comme Geosnap ont été conçues avec cette logique d’interopérabilité directement intégrée : les livrables sortent dans les formats attendus par les exploitants, sans étape intermédiaire. »
Quels signaux indiquent qu’une organisation est prête à intégrer la photogrammétrie dans ses processus de récolement ?
« Plusieurs signaux convergent généralement. Le premier, c’est la récurrence des interventions. Une entreprise de travaux publics qui réalise régulièrement des tranchées a tout intérêt à standardiser un protocole d’acquisition photogrammétrique. La montée en compétence est rapide et le gain de temps devient tangible après quelques chantiers. La reproductibilité de la méthode est ce qui permet de sortir d’une logique de cas particuliers pour industrialiser la conformité.
Le deuxième signal, c’est la pression réglementaire. Quand un exploitant commence à exiger des plans en classe A (ce qui sera obligatoire en 2032) en réponse aux DT ou quand des contrôles font remonter des plans non conformes, la photogrammétrie offre un cadre méthodologique éprouvé pour y répondre.
Le troisième, c’est un sinistre ou un litige récent lié à une erreur de localisation de réseau. La donnée imprécise devient alors un risque juridique et financier identifié et la question de la conformité des plans de récolement prend alors une dimension très concrète pour les équipes.
Dernier signal, et souvent le plus immédiat : l’organisation est déjà équipée en GNSS. Dans ce cas, l’ajout d’un protocole photogrammétrique ne demande pas d’investissement matériel supplémentaire majeur. Ce qui change, c’est l’organisation du travail et la structuration du process. L’arrêté DT-DICT de 2003 a posé un cadre ; la photogrammétrie en classe A, couplée à des outils adaptés, donne enfin les moyens de s’y conformer de façon systématique, chantier après chantier. »