Avis d’ouverture de chantier (AOC) : le cadre réglementaire applicable

publié le 29 septembre

Réglementation

L’avis d’ouverture d’un chantier des travaux publics (AOC) est une déclaration que l’exécutant des travaux adresse aux organismes de prévention des risques professionnels avant le démarrage d’un chantier. Il porte le numéro Cerfa n°12276*01 (référence administrative S6206a). Ce dispositif s’inscrit dans le cadre des mesures générales de prévention que les caisses régionales peuvent rendre obligatoires en application de l’article L. 422-1 du Code de la sécurité sociale.

 

Point de vigilance

L’AOC n’a donc pas de lien direct avec la réglementation DT-DICT relative aux travaux à proximité des réseaux et qui découle du Code de l’Environnement. Un chantier peut être parfaitement conforme sur le plan DT-DICT et se trouver en infraction sur l’AOC, ou inversement. Ce sont deux obligations indépendantes, à ne pas confondre dans un dossier de conformité.

 

Qui est concerné et à qui l’AOC est-il transmis ?

L’obligation d’établir un AOC s’applique à tout chantier du bâtiment ou des travaux publics occupant au moins 10 salariés pendant plus d’une semaine. La déclaration incombe à l’entreprise exécutante qui emploie le personnel concerné et non, en cette seule qualité, au maître d’ouvrage.

Le formulaire comporte quatre volets. Avant toute transmission, l’entreprise doit vérifier sur le formulaire officiel et auprès des organismes territorialement compétents les destinataires ainsi que leurs coordonnées actualisées. Sont notamment concernés :

  • l’organisme de prévention compétent de l’Assurance Maladie – Risques professionnels (la Carsat territorialement compétente (la Cramif pour l’Île-de-France) ;
  • la Direction départementale du travail (aujourd’hui la DDETS) ;
  • le comité régional de prévention du bâtiment et des travaux publics, aujourd’hui relayé par l’OPPBTP ;
  • un exemplaire doit être conservé par l’entreprise.

L’arrêté du 5 septembre 2003 ne fixe pas de délai chiffré pour l’envoi de l’AOC. En pratique, il est prudent de transmettre le formulaire suffisamment en amont du démarrage du chantier, après vérification des éventuelles consignes de l’organisme territorialement compétent, et de conserver une preuve datée de chaque transmission.

 

Distinguer l’AOC des documents voisins

Deux autres documents portent des noms proches, mais répondent à des logiques, des seuils et des destinataires différents :

  • La déclaration préalable de coordination SPS est établie par le maître d’ouvrage dans les conditions prévues par les articles L. 4532-1 et R. 4532-2 et suivants du Code du travail. Elle concerne notamment les opérations pour lesquelles l’effectif prévisible doit dépasser vingt travailleurs à un moment quelconque des travaux et dont la durée doit excéder trente jours ouvrés, ainsi que celles dont le volume prévu des travaux doit être supérieur à 500 hommes-jours. Elle est adressée aux organismes désignés par les textes en vigueur. Son objectif est d’organiser la coordination en matière de sécurité et de protection de la santé lorsque plusieurs entreprises interviennent ; elle ne se confond pas avec l’AOC.
  • La déclaration d’ouverture de chantier relevant du Code de l’urbanisme est prévue à l’article R. 424-16. Elle est effectuée par le bénéficiaire d’un permis de construire ou d’aménager auprès de la mairie afin de signaler le commencement des travaux autorisés. À la date de mise à jour du présent document, le formulaire publié est le Cerfa n° 13407*10 et doit être adressé en trois exemplaires. Cette formalité de suivi de l’autorisation d’urbanisme est sans lien avec la prévention des accidents du travail assurée par l’AOC.

Les questions les plus fréquentes sur l’AOC

L’AOC remplace-t-il la déclaration préalable de coordination SPS ?

Non. Ce sont deux obligations distinctes, avec des seuils, des déclarants et des destinataires différents. Un chantier peut être soumis à l’une, à l’autre, aux deux, ou à aucune, selon sa configuration.

Qui doit transmettre l’avis d’ouverture de chantier ?

L’entreprise qui emploie le personnel sur le chantier, dès lors que le seuil de 10 salariés pendant plus d’une semaine est atteint, et non le maître d’ouvrage.

Le seuil de l’AOC peut-il être atteint en cours de chantier ?

L’effectif réellement mobilisé sur un chantier peut évoluer. Lorsqu’une entreprise prévoit que le chantier occupera au moins dix salariés pendant plus d’une semaine, elle doit apprécier l’obligation d’établir l’AOC au regard de cette situation. Un suivi de l’effectif prévisionnel et réel permet d’identifier rapidement toute évolution susceptible de rendre la formalité applicable.

Quel formulaire utiliser pour l’AOC ?

Le Cerfa n°12276*01 (référence S6206a), établi en quatre exemplaires destinés à la Carsat (ou la Cramif en Île-de-France), à la DDETS, à l’OPPBTP, et à l’entreprise elle-même.

Que risque une entreprise qui ne transmet pas d’AOC ?

Lorsque l’AOC est exigible, son absence peut constituer un manquement aux obligations applicables au chantier et être relevée à l’occasion d’un contrôle. Le présent document n’identifie toutefois pas de sanction pécuniaire autonome attachée au seul défaut de transmission de ce formulaire. La qualification juridique et les conséquences éventuelles doivent être appréciées au regard des textes en vigueur et des circonstances du chantier. Il est recommandé de conserver une preuve datée des transmissions effectuées et, en cas de doute, de consulter l’organisme de prévention ou le service territorial compétent du ministère du Travail.

L’AOC illustre la coexistence de plusieurs procédures de prévention applicables aux chantiers du bâtiment et des travaux publics. Son champ, ses acteurs et ses formalités doivent être distingués de ceux d’autres régimes, notamment de la réglementation anti-endommagement des réseaux. Pour chaque opération, l’entreprise doit vérifier séparément les conditions d’application des procédures susceptibles de la concerner.

La réforme anti-endommagement des réseaux, entrée en vigueur le 1er juillet 2012, a contribué à une réduction significative des dommages. Avant sa mise en œuvre, environ 100 000 endommagements étaient estimés chaque année en France, tous réseaux confondus. Selon les indicateurs de l’Observatoire national DT-DICT, le nombre de dommages recensés auprès de six grands exploitants est passé de 24 441 en 2013 à 16 025 en 2019, soit une diminution de 34,4 %. Ces résultats illustrent l’intérêt d’une démarche structurée de prévention, associant préparation des travaux, amélioration de la cartographie, formation des intervenants et respect des procédures réglementaires. Pour l’AOC comme pour toute autre déclaration obligatoire, l’enjeu reste le même : identifier la procédure applicable, respecter les seuils réglementaires et adresser la déclaration au bon destinataire afin de renforcer la sécurité.

*Sources : Réponse ministérielle du 26 août 2014 et indicateurs des exploitants 2019 de l’Observatoire national DT-DICT.