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Mont Blanc 2026

De 1 110 photos de drone à la modélisation 3D du sommet

  • Par Sandra PERRICHON
  • Publié le 4 novembre 2026
  • 2 min de lecture

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Le contexte

4 807,47 mètres : c’est l’altitude du mont Blanc mesurée en septembre 2026, soit 1,88 mètre de plus qu’en 2023. Pour obtenir ce résultat, l’expédition a rassemblé une grande quantité de données de terrain : plus d’un millier de photos prises par drone et des mesures de géoradar. Ces données brutes ne deviennent exploitables qu’une fois traitées, contrôlées, puis transformées en un modèle 3D que l’on peut mesurer, couper et comparer. Sogelink a participé à l’expédition, et c’est à cette transformation que son expertise s’est appliquée.

Méthode

De la photo de drone au nuage de points : le traitement photogrammétrique dans Geosnap

La photogrammétrie calcule la forme d’un objet en 3D à partir de photos qui se recouvrent. Pour le mont Blanc, 1 138 photos de drone ont été importées dans Geosnap, la solution de photogrammétrie de Sogelink, avec des points de contrôle, des points dont les coordonnées sont connues avec précision et qui servent à caler et contrôler le modèle dans l’espace. Geosnap a d’abord trié ces images en écartant automatiquement celles qui étaient floues ou qui s’assemblaient mal : 1 110 ont été conservées.

Les photos ne suffisent pas pour mesurer : il faut aussi savoir où se trouvait le drone. C’est le rôle du RTK, une technique de positionnement par satellite qui corrige la localisation du drone en temps réel en temps réel et donne cette position à environ 5 cm près. Geosnap s’appuie sur ces données pour traiter les images et générer un nuage de points, un ensemble de points mesurés dans l’espace qui dessine le sommet en 3D. Grâce au RTK, ce nuage est géoréférencé, c’est-à-dire positionné dans un système de coordonnées, avec une précision inférieure à 10 cm.

Le traitement fournit aussi un modèle numérique de terrain (MNT), qui représente l’altitude de la surface, et une orthophoto du sommet : l’ensemble des photos assemblé en une seule image vue du dessus, sur laquelle il reste possible de mesurer.

Mensura : modéliser le sommet en 3D, de sa surface à sa roche

Le travail d’étude se poursuit dans Mensura, solution d’étude et de modélisation de terrain de Sogelink. Le modèle du mont Blanc y est restitué selon le besoin. Dans sa version réaliste, il apparaît avec sa lumière, ses textures et son paysage, ce qui le rend lisible au premier regard. Dans sa version triangulée, plus mathématique, la surface est découpée en facettes planes dont les sommets sont des points mesurés. Le modèle peut aussi être coloré en fonction de la hauteur, ce qui fait apparaître les différences d’altitude d’un seul regard.

Le sommet ne se limite pourtant pas à sa surface de neige et de glace. Le géoradar, un sondeur qui analyse la profondeur entre la glace et la roche, a fourni les mesures nécessaires pour modéliser le socle rocheux en 3D. Mensura sait intégrer des couches géologiques à un modèle de terrain : les coupes montrent alors, sur un même profil, la surface et la roche qui se trouve dessous.

Ces modèles ouvrent ensuite la voie à l’analyse. Mensura propose une fonctionnalité pour chaque type d’étude : calcul de volumes, de pentes et d’altitudes, réalisation de coupes, comparaison de plusieurs modélisations pour suivre l’évolution du sommet dans le temps. Le modèle 2026 pourra ainsi être comparé à d’autres modélisations du sommet.

Sogelink, de la donnée brute à l’analyse

Ce que le mont Blanc met en évidence, c’est la valeur d’une chaîne de traitement continue. Geosnap transforme des photos brutes en une donnée fiable : tri automatique des images, positionnement RTK, géoréférencement du nuage de points. Mensura prend le relais pour donner à cette donnée une forme que l’on peut mesurer, couper et comparer, y compris pour ce que l’on ne voit pas, comme la roche sous la glace.

Geosnap et Mensura couvrent ainsi la chaîne qui va des photos brutes au modèle analysé. C’est le même enchaînement que celui des professionnels des travaux, avec Geosnap pour réaliser des plans topographiques et des plans de récolement de réseaux enterrés, et Mensura pour modéliser le terrain existant et concevoir des projets d’infrastructure. Sur un sommet comme sur un chantier, la qualité du résultat dépend de la fiabilité de la donnée de départ et de la capacité à l’exploiter.

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